Taking things for granted/Prendre les choses pour acquises

Albert was here a long time, giving teishos, dokusan and counseling. It was easy to take it for granted, as the norm, to feel it would go on forever. I said in an earlier blog that his death gives us an opportunity, an opportunity to do what perhaps we haven’t really done as yet –use his teaching to work on ourselves. I know one feels one is working on oneself just by coming along to the Centre to sit of an evening, coming to sesshin, but there is working and there is working.

“By oneself evil is done, by oneself one suffers, by oneself evil is undone, no one can purify another.” All the encouragement and instruction one person can give to another is there still in his teishos and books. His one thought when he came to Montreal and set up the Centre was to help people come to the awakening that he had come to. But no one can purify another.

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teisho 1279 2012

It is the questions that nobody asks because they sound foolish that can help us, can open up vistas that were closed because we took them for granted. Possibly the most foolish question is ‘what is anything?’ What is a thing? When we use the word ‘it’, which we use constantly, what does ‘it’ mean, what lies behind it, what gives it power and meaning?

Another such question is ‘what am I?’ These questions are foolish because they have no answer, no conceptual correspondence. One tries to answer the question ‘what am I?’ and in doing so one has to bring everything we take to be ourselves into consideration. We know that we identify ourselves with situations, with our emotions, with what is going on around us, with things that we feel we possess. What does it mean to identify? We seek an identity. What is this identity?

In other words, we must look for that which is constantly part of our vocabulary, constantly being used; that which we have used all our lives on the assumption that we knew what we were talking about. For example, what does it mean ‘to know’?

What is the difference between feeling and emotion, or is there a difference? What is the difference between a thought that you can feel and a thought you can have without any feeling at all? It is looking at things from the point of view of knowing, rather than from the point of view of thinking, seeing or hearing.

Words are like a window. You have to look through the window for the window to fulfill its function. In the same way the words ‘being’ or ‘knowing’ focus the mind in a certain direction. If one looks through the word then one will have some realization of what the word is opening on to. We work on the assumption that the words we use have their own absolute quality. For example, the words ‘I’ or ‘world’. But reality is not given by what the word designates, so where does it get its meaning? It is awareness that gives meaning and value. It is how we focus and fix awareness in a particular way.

We must use the mind; the mind is that which can liberate us – it can liberate us by going to its limits. This means that we take nothing for granted. Whatever we take for granted can bind us, can limit us. We need to liberate awareness.

 

PRENDRE LES CHOSES POUR ACQUISES

Albert était ici depuis longtemps, donnant des teishos, des dokusans et des conseils. C’était facile de prendre ça pour acquis, normal, de penser que ça continuerait toujours. J’ai dit dans un “blog” précédent que sa mort était une opportunité; une opportunité de faire ce que peut-être nous n’avons pas fait à date, utiliser son enseignement pour travailler sur nous-même. Je sais qu’on pense que l’on travaille sur soi-même juste en venant au Centre pour les soirées de zazen ou pour les sesshins. Mais il y a travail et travail.

“Par soi-même le mal est fait,
par soi-même on souffre.
Par soi-même le mal est défait,
personne ne peut en purifier une autre.”

Tout l’encouragement et les instructions qu’une personne peut donner à quelqu’un est toujours là dans les teishos. Quand il est venu à Montréal pour établir un Centre Zen, son seul soucis était d’aider les gens à parvenir à l’éveil comme lui-même y était parvenu. Mais personne ne peut en purifier une autre.

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Teisho 1279 2012

Ce sont les questions que personnes ne posent, parce qu’elles semblent stupides, qui peuvent nous aider, nous ouvrir de nouveaux horizons, horizons ignorés parce que nous les prenions pour acquis.

Probablement que la question la plus idiote qu’on puisse demander est: “Qu’est ce que quelque chose?” Qu’est ce qu’une chose? Quand nous utilisons le mot ‘ça’, mot que nous utilisons constamment, qu’est ce que ‘ça’ veut dire? Qu’est ce qui se cache derrière le mot ‘ça’? Qu’est ce qui lui donne du pouvoir et un sens?

Une autre question du même genre est: “Qu’est ce que je suis?” Ces questions sont idiotes parce qu’elles n’ont pas de réponse, pas de référence conceptuelle. On essaie de répondre à la question “Qu’est ce que je suis?” et pour ce faire, on doit prendre en considération toutes les choses que nous pensons être nous-même. Nous savons que nous nous identifions avec les situations, avec nos émotions, avec ce qui se passe autour de nous, avec les choses que nous pensons posséder.

Qu’est ce que ça veut dire “s’identifier”? Nous cherchons une identité. Qu’elle est cette identité? En d’autres mots, nous devons chercher ce qui fait continuellement partie de notre vocabulaire; ces mots que nous utilisons à répétition, ces mots que nous avons utilisé pendant toute notre vie en assumant que nous savions de quoi nous parlions.

Par exemple, ça veut dire quoi “connaître”?

Quelle est la différence entre sentiment et émotion, ou, y a t’il une différence? Quelle est la différence entre une pensée que vous pouvez sentir et une pensée que vous pouvez avoir sans aucun sentiment? C’est regarder les choses du point de vue “connaître” plutôt que du point de vue “penser”, “voir”, ou “entendre”.

Les mots sont comme une fenêtre. Il faut regarder à travers la fenêtre pour que celle-ci remplisse sa fonction. De la même façon les mots “être” ou “connaître” focalise l’esprit dans une certaine direction. Si on regarde à travers le mot, alors l’on aura une certaine réalisation de ce sur quoi le mot attire notre attention. Nous travaillons avec la pré-supposition que les mots que nous utilisons ont leur propre valeur absolue. Par exemple, le mot “je” ou “monde”. Mais la réalité n’est pas donné par ce que le mot désigne; alors d’où tire t’il son sens? C’est la présence qui donne sens et valeur. C’est notre façon de focaliser et fixer la présence d’une manière particulière.

Nous devons utiliser notre raison; c’est la raison qui peut nous libérer. Elle peut nous libérer en étant poussée jusqu’à ses limites. Ceci veut dire que nous ne prenons rien pour acquis. Quoi que ce soit que nous prenons pour acquis peut nous lier, peut nous limiter. Nous avons besoin de libérer la présence.

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2 Responses to Taking things for granted/Prendre les choses pour acquises

  1. louis bricault says:

    Dans son livre “Que voulez-vous de plus?”, monsieur Low écrit:
    “Quand vous êtes à la recherche d’un maître, vous devez être très vigilant. La première fois que l’on médite est souvent mémorable: l’enthousiasme de découvrir que l’on a une vie intérieure, le soulagement de trouver un maître qui met l’accent sur cette vie intérieure, la force et la dignité apparente de la personne qui enseigne, tout ça peut être très bouleversant. Rendez-vous compte que vous éprouveriez ces sentiments en présence d’un très bon ou d’un très mauvais maître pareillement. Réalisez aussi, au cours de votre travail ultérieur, que l’émerveillement, la joie et la clarté que vous ressentirez viennent de vous; rien de tout cela ne vient du maître. Même le meilleur maître ne peut qu’indiquer le chemin.”
    L’émerveillement, la joie et la clarté que nous ressentons viennent de nous … Lorsque monsieur Low était avec nous, la seule chose qu’il faisait, la seule chose qu’il pouvait faire, était de nous indiquer le chemin: “Qui êtes-vous? D’où vient cet émerveillement, cette joie, cette clarté?”

  2. Marie Laure Leclercq says:

    Thank you so much Jean, merci Louis, to continue to bear the standard, to convey the message, this is really the Sangha at work. The work continues to be done.

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